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Antonin ARTAUD disait à
propos
du théâtre :
« le
théâtre
est un acte sacré qui engage aussi bien celui
qui le
voit que celui qui le fait ».
Cette pensée
s’applique à merveille à la peinture et donc, à
toute forme d’Art universel.
D’abord,
ma peinture pour elle seule, ne m’intéresse pas. C’est la
question de
l’Art qui m’intéresse ,
celui qu’on écrit avec une
majuscule … celui
des hommes depuis la nuit des temps…
et pourquoi la trace ?
Pourquoi
les parois de Lascaux ? Pourquoi l’écriture ? Les hiéroglyphes,
la lumière, la
quête de vérité, la foi ?
Les
grands discours sur la peinture, m’épuisent.. ce sont les
mêmes depuis
toujours.
Moi je ne suis qu’un maillon désigné d’une
chaîne dix fois
millénaire,
et parfois sur cette longue chaîne vient se
greffer un
maillon d’or , riche d’un éclat et d’un pouvoir exceptionnel
comme
Pablo Picasso ou Matisse, qui ont
pris à bras le corps la
question de
la peinture de leur temps,
sans tourner le dos à l’histoire de
l’art il
ont enrichi avec respect la légitimité des maîtres
d’autrefois.
Ces
hommes rares sont venus, il n’ont rien inventé, ils ont
ajouté, riches
de leurs génie, le souffle providentiel,
dans la torpeur d’un
siècle
vieillissant dans la modernité et le matérialisme.
Ils
ont repoussé
pour un temps la menaçante idée de se passer de la
nécessité de l’art.
Devant
un tableau, le grand public hélas, ne dispose que d’une seule
clé : le
regard.
et le regard ne suffit pas pour atteindre le plus profond de
soi-même..
Exactement comme on
le
fait avec la musique, qui
se passe elle de toute image,
la musique n’est-elle pas un tableau
blanc sur lequel s’inscrit la vraie nature de nos
émotions ?
une œuvre
d’art n’est rien d’autre que le reflet d’un autre dans un miroir,
et il
se trouve que si cet « autre » vous
émeut c’est qu’il vous ressemble en des points mystérieux.
La vraie raison
d’exister
du tableau, c’est celui qui le regarde qui la
détient
et
si l’émotion est au rendez-vous celui qui regarde le tableau le
traversera, comme on traverse un paysage intérieur,
parfois il
en saura
plus sur la genèse du tableau que l’auteur lui-même…et
cela le peintre
et tous artistes
le savent bien. pourquoi ?
Parce que l’acte de peindre réclame une telle énergie pour
vivre ce moment extraordinaire
qu’il ne peut être le
« faiseur » et le
spectateur de son œuvre simultanément .
il peut faire mais
ne peut pas
dire, car aucun Artiste ne peut lire dans la mouvance de son travail.
Pour cela, il lui faudra des semaines des mois, peut-être des
années de
recul nécessaire
pour comprendre enfin les raisons de cette
fulgurance.
Je suis convaincu que le processus spectateur est exactement l’inverse
de celui de l’artiste .
Un
tableau est un fragment, une page de journal intime. Nous en
connaissons sa chronologie,
mais nous ne pouvons contrôler quel
est
réellement son objet. Je dis bien " objet " et non pas sujet.
l’objet vous
l’avez compris , signifiant la « cause » pour
laquelle on a peint ce
tableau.
le sujet lui, n’est qu’une conséquence tangible, un
prétexte ,
une invitation au voyage...
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